On pense parfois que l’espace est immense, noir et profond. Scintillant de lumière à perte d’horizon. Lui ne fait qu’une bouchée de l’homme qui ose le regarder. Il est là, au loin, à nous poser tant de question. Est-il le tout, est-il le rien ? C’est en lui que baignent les planètes, ces choses macroscopiques. On aime à croire qu’il nous regarde, et que de sa toute puissance, il veille sur le monde.
Mais l’espace peut être mort, coincé au creux d’une maison poussiéreuse. Sale, fatigué, déprimé, il porte sur son dos toutes les histoires du passé. Cet espace se meurt enfermé entre quatre murs, il se sent condamné et pour lui, espoir et lutte ne font plus partie que d’un lointain souvenir. Que fait-il donc encore ici ?
Le monde, notre monde, notre tout petit monde, et l’espace est ce vide qui habite la cellule, il se faufile, malicieux, il nous rempli d’un rien. Il est notre cœur, nos poumons et nos reins. L’espace est, parmi tant d’autres choses, notre souffle de vie. Minuscule intrus de nos corps, il nous anime de la tête aux pieds, et des pieds, court encore à travers nous, nous permettant de prendre conscience de lui.
Ne regardez plus les choses, n’écoutez plus les sons, mais prenez conscience du vide qui entoure les étoiles autant que les meuble d’une pièce insignifiante. Prenez conscience du silence dans lequel les bruits replongent, de l’immensité de ce qu’on appelle « espace ». Nous ne serions rien sans lui, mais sans nous, il ne serait tout simplement pas. C’est autour de nous autant qu’en nous même et à chaque instant.
L’espace est la plus belle chose à décrire ; il ne se décrit pas d’ailleurs, ni en mot ni en pensée, si l’on désir vraiment le saisir. Il ne se juge ni ne se critique. Ni bon ni mauvais, ni tout ni rien, ni grand ni petit. Il est. Oui nous sommes l’espace car nous vivons. Espace, vivre, être, exister. Il est éternel autant qu’infini… il nous suffit de le sentir.
Salomé Recupa
14 juin 2015

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